Fabriquer un sac de Cabrette...
Pour fabriquer un sac de Cabrette et un soufflet, le choix du cuir est un élément primordial. Pour que la qualité et la longévité de l'instrument soient optimum, il doit être souple et non poreux. Le sac doit pouvoir supporter plusieurs kilos de pressions quant au soufflet, outre la pression, il subit des mouvements de pliage et de dépliage incessant.

La fabrication de la cabrette nécessite des matériaux nobles, du travail bien fait, le respect des traditions. A l’aide d’un gabarit on découpe délicatement le cuir de chèvre. Il existe trois endroits possibles où l'on peut se procurer du cuir : les tanneries, les mégisseries et les peausseries.

La mégisserie est sans doute la plus adapté, car c'est là que l'on traite toutes les petites peaux. Pour préparer une peau, il faut trois semaines à un mois de travail. Il y a le tannage, le délainage et la teinture en rivière. Puis, il subit différents traitements en atelier, comme par exemple le passage dans une "luneteuse" avant d'être nourri et gonflé.


Le velours frappé offre un grand choix de modèle

Bien que la dimension de l'épaisseur d'un cuir n'empêche pas sa porosité, celle-ci a un rôle important. En effet, un cuir trop épais empêche le soufflet de s'ouvrir librement, et lorsqu'il est trop fin, il se gonfle comme une baudruche avec un bruit de claquement. Seul le cuir de chèvre, ou de la même famille (chevreuil, etc.), est assez solide pour pouvoir supporter ces différents mouvements. Ce cuir fibreux et très nerveux est utilisé principalement pour fabriquer des chaussures, ou des porte – feuilles, car il allie robustesse et souplesse. Aucun autre cuir ne peut supporter une telle torture, sans jamais se couper au niveau des plis, à moins de recevoir un entretien régulier à base de graisse sur les deux faces du cuir.


La tête et le porte-vent avant collage

Les cuirs qui arrivent dans les mégisseries, sont conditionnés immédiatement tout en étant encore légèrement humide. Or, le cuir dont nous avons besoin, doit être exempt d'humidité ; il devra donc passer dans une "Dérieuse" ou "Velouteuse", pour régler son épaisseur à dix centièmes puis, et c'est la partie essentielle, il subit une pigmentation qui va lui enlever sa porosité.
Le traitement s'achève par vingt grammes de teinture.
L'unité de mesure des peaux n'est pas le mètre, mais le "pied", ce qui correspond à une dimension de 33 X 33 cm.

Une fois le cuir découpé, on lui applique de l’huile de pied de bœuf et du sapo.

Montage et vernissage de la tête et du porte vent.

Bandelettes de cuir, ficelle, graisse, aiguilles, pince sont les outils nécessaires pour la couture.

Les bandelettes vont servir à la jonction des deux cuirs.

 




Par Jean-Louis Claveyrole
Octobre 2003