La neige n'a pas découragé les Cabrettaïres !...
La transhumance sur le plateau de l'Aubrac est un moment à vivre au moins une fois dans sa vie… Cette tradition, vive et colorée, est devenue une grande fête populaire. Des milliers de visiteurs viennent des quatre coins de l'hexagone et du monde entier.

Selon la tradition, les vaches qui ont hiverné dans les fermes situées dans les contreforts du plateau de l'Aubrac, sont conduites par un "Cantalès", berger de transhumance, à l'estive en longs troupeaux à travers les drailles millénaires, ces sentiers bordés de pierre sèches. Les troupeaux passent ainsi plusieurs mois en liberté à pâturer l'herbe, jusqu'au 13 octobre, date à laquelle les troupeaux redescendent en cortèges avant la mauvaise saison. A cette occasion, comme autrefois, les cornes en formes de lyre des plus belles vaches sont ornées d'un "Ramel", branchage garni de houx, de fleurs ou de rubans tricolores.


Cette année, la race Aubrac a une nouvelle fois fait preuve de sa rusticité et de son adaptabilité au territoire en transhumant en direction des verts pâturages saupoudrés, une fois n'est pas coutume, d'un blanc éclatant !... Des images magiques et inoubliables, le paysage est grandiose paré d'un somptueux manteau de neige.

En dépit donc de cet invité (de mauvaise) surprise : la neige, la transhumance 2013 a tenu toutes ses promesses ; quelle affluence ! En revanche les marcheurs et spectateurs, venus par milliers, ont souvent courbé l'échine pour tenter de se protéger du vent et de la neige… L'association Cabrettes et Cabrettaïres était présente au "Salon du Terroir Aubrac", au contact direct des hommes qui perpétuent les savoir-faire et traditions de notre terroir : éleveurs et filières de qualité, producteurs fermiers et artisans locaux, groupes folkloriques.

Pendant deux jours, Cabrettes et Cabrettaïres a animé le Salon au son de la Cabrette et de l'accordéon derrière un stand haut en couleurs qui exposait leurs dernières réalisations.
Le public a eu le plaisir de découvrir les différentes étapes de la fabrication des "pieds", des sacs, des soufflets et des anches. Des panneaux didactiques retraçaient l'histoire de la Cabrette et de l'association depuis sa création en 1956 jusqu'à nos jours.

Les produits locaux étaient à l'honneur avec notamment la charcuterie de montagne représentée par la maison Conquet, fidèle à nos traditions.
Un peu plus loin, poursuivant notre chemin, "Les Oyolos" - le groupe folklorique de Laguiole - entre les "buffadous", les foulards et leurs costumes traditionnels virevoltaient sur des airs de bourrées.

Victor Laroussinie président de l'association était accompagné de son vice-président Jacques Rouvellat, de Roger Servant facteur de pieds de Cabrette, de Jean-Louis Claveyrole facteur de sacs et de soufflets, de Fabienne Mayeux, Gisèle Rouvelat, Liliane Servant et de Roger Leybros. Ils nous ont fait partager leur passion et joué les airs traditionnels de notre pays accompagnés par de nombreux musiciens du pays qui se sont succédés spontanément pour animer le stand pour le plus grand plaisir de tous malgré des problèmes de justesse et d'homogénéité du son dû au froid….

La cabrette est un instrument de tempérament, qui ne supporte pas plus la chaleur que le froid, ni les chocs… Laissez là prendre froid et si elle ne se fend pas, elle devient fausse…De fait, s'il est vrai qu'un Cabrettaïre avait coutume, par grand froid, de chasser sa femme du lit afin d'y faire de la place pour sa Cabrette, c'est parce que les Cabrettes sont encore plus difficiles à conserver en harmonie (justes) que les épouses les plus fantasques… Je veux dire par là que le Cabrettaïre avait une "bonne raison" : beaucoup d'hommes ont une femme, seuls quelques malheureux ont une Cabrette !